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Brève – À l’âge adulte, la « dent sucrée », une préférence immuable ?

L’essai semi-contrôlé Sweet Tooth a cherché à évaluer l’effet de six mois d’une alimentation plus ou moins sucrée sur l’appréciation de cette saveur. Avec des résultats qui contredisent certaines croyances.

Est-ce qu’une exposition temporaire plus ou moins élevée au goût sucré peut modifier l’appréciation de cette saveur ? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre l’essai randomisé semi-contrôlé Sweet Tooth. Les 180 participants, des néerlandais en bonne santé (123 femmes et 57 hommes ; 35 ± 15 ans ; IMC : 23 ± 3 kg/m²), ont reçu des conseils alimentaires et des produits alimentaires couvrant environ la moitié de leurs besoins énergétiques (achats libres pour le reste), accompagnés de menus quotidiens. Ils ont été aléatoirement assignés à l’un des trois régimes conçus pour être comparables en termes d’énergie, de densité énergétique, de composition en macronutriments et de proportion d’aliments solides ou liquides… mais avec une exposition à la saveur sucrée variable : faible (7 % des aliments et boissons avec une saveur sucrée1, n = 61), habituelle (35 %, n = 60) ou élevée (80 %, n = 59).

Dans le groupe faible exposition, les produits à la saveur sucrée représentaient en moyenne 14,3 % de l’apport énergétique (- 6,1 points par rapport au régime consommé avant l’étude) ; dans le groupe exposition habituelle, ils représentaient 20,7 % de l’apport énergétique, équivalent à la situation initiale ; dans le groupe forte exposition, ils représentaient 27,0 % de l’apport énergétique (+ 3,9 points), soit bien moins que l’objectif initial fixé par les chercheurs de 40 à 45 %.

Durant l’expérience, aucune différence significative n’a été observée entre les groupes concernant l’appréciation de la saveur sucrée, la perception de son intensité, le choix de produits sucrés, les apports énergétiques, le poids corporel, les marqueurs du diabète et des maladies cardiovasculaires, ni les événements indésirables. Quatre mois après l’arrêt du protocole, les trois groupes sont revenus aux niveaux initiaux de consommation de produits sucrés (20 % environ de l’apport énergétique).

Ainsi, le niveau d’exposition aux aliments à la saveur sucrée n’a entraîné aucun changement de l’appréciation de cette saveur, ni des autres paramètres étudiés, chez les adultes. Reste à savoir si les résultats seraient similaires chez les enfants, dont les préférences pourraient être encore en construction.

Mots clés : étude interventionnelle, saveur sucrée, préférence, apport énergétique, poids corporel, Sweet Tooth.

Source : Čad EM, Mars M, Pretorius L, van der Kruijssen M, Tang CS, de Jong HB, Balvers M, Appleton KM, de Graaf K. The Sweet Tooth Trial: A Parallel Randomized Controlled Trial Investigating the Effects of A 6-Month Low, Regular, or High Dietary Sweet Taste Exposure on Sweet Taste Liking, and Various Outcomes Related to Food Intake and Weight Status. Am J Clin Nutr. 2026 Jan;123(1):101073. doi: 10.1016/j.ajcnut.2025.09.041.

Visuel :

(Figure 1 de l’article)

Légende :

L’essai Sweet Tooth est un essai semi-contrôlé randomisé portant sur l’effet d’une exposition alimentaire de 6 mois à une intensité faible, moyenne ou élevée à la saveur sucrée sur l’appréciation des produits sucrés. Les visites d’évaluation (icônes loupe) ont été réalisées au départ (mois 0), ainsi qu’aux mois 1, 3, 6, 7 et 10.

1 Pour classer les aliments selon leur saveur, les chercheurs ont utilisé une base néerlandaise classant les aliments selon 6 profils gustatifs : neutre, salé-umami-gras, sucré-gras, sucré-acide, gras et amer.

Ici, les aliments étaient considérés comme présentant une saveur sucrée s’ils appartenaient aux catégories sucré-gras (biscuits, chocolat, desserts et gâteaux) ou sucré-acide (fruits, yaourts et boissons associées). Ces produits pouvaient contenir des sucres ou des édulcorants.