Le taux sanguin d’acides aminés à chaîne ramifiée est plus élevé en cas d’inflammation de bas grade. Pour autant, s’agit-il d’une conséquence des dérégulations métaboliques associées, d’une cause… ou des deux ?
Leucine, isoleucine, valine… l’élévation des taux sanguins d’acides aminés à chaîne ramifiée (AACR) dans certains états métaboliques altérés comme l’insulinorésistance est bien connue – sans pour autant savoir s’il s’agit d’un biomarqueur du processus physiopathologique ou d’une cause. Plus récemment, des travaux ont montré la capacité des AACR à moduler les réponses immunitaires et inflammatoires chez l’animal. À travers une revue narrative de la littérature, des chercheurs brésiliens ont ainsi voulu préciser le rôle physiopathologique de ces acides aminés dans le contexte de maladies métaboliques telles que le diabète de type 2 et l’obésité, et leurs liens vis-à-vis de l’inflammation.
Le catabolisme des AACR en berne en cas d’inflammation
Dans une première partie, les chercheurs décrivent les particularités observées dans le métabolisme des AACR en cas de régime riche en graisses (HFD), diabète de type 2 ou obésité (des conditions présentant une composante inflammatoire commune) : les données montrent des perturbations de l’expression et/ou de l’activité des enzymes clés de leur catabolisme, conduisant à une diminution de la dégradation des AACR dans le foie et le tissu adipeux blanc – et donc à des niveaux circulants d’AACR plus élevés.
Un rôle immunomodulateur qui dépend de l’état métabolique
Quant aux relations entre les AACR et l’inflammation, elles se révèlent complexes :
- dans les études de supplémentation chez l’animal, des effets immunomodulateurs des AACR sont visibles dans des modèles de métabolisme altéré (high-fat diet, DT2) mais variables selon les études (parfois pro-, parfois anti- inflammatoires). La dose d’AACR utilisée pourraient être à l’origine de cette variabilité.
- chez l’humain, dans la plupart des études chez l’adulte, les niveaux circulants d’AACR apparaissent corrélés aux niveaux de cytokines inflammatoires (IL-6, TNF-α…) seulement en cas de syndrome métabolique ou de diabète de type 2 (mais pas chez des sujets sains).
Les chercheurs concluent que l’état métabolique des individus pourrait conditionner la réponse inflammatoire aux AACR. Toutefois en l’état des connaissances, leur implication causale dans l’inflammation ne peut être considérée comme formellement démontrée.
Source : Starling-Soares B, Coelho MM, Campolina BG, Duarte CK, Maioli TU. The Complex Relation of Branched-Chain Amino Acids and Inflammation in the Obesity and Diabetes Context. Obes Rev. 2026 Jan 22:e70092. doi: 10.1111/obr.70092.