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Brève – Régime riche en gras et en sucres : la réponse pancréatique dépend du sexe des animaux

Si un régime riche en gras et en fructose entraîne des perturbations métaboliques chez les rats mâles comme chez les femelles, ces dernières pourraient présenter une moindre vulnérabilité grâce à des réponses adaptatives des voies de synthèse de l’insuline.

Les régimes riches en gras et en sucres sont associés à des désordres métaboliques comme la résistance à l’insuline ou l’intolérance au glucose. Des chercheurs se sont ainsi penchés sur les effets d’un tel régime sur le fonctionnement et le métabolisme des cellules β-pancréatiques, responsables de la synthèse et sécrétion d’insuline. Pour cela, ils ont exposé pendant 22 semaines des rats mâles et femelles à un régime riche en lipides et en fructose (HFHF), versus un régime témoin.

Accumulation de masse grasse, hypertriglycéridémie, insulino-résistance, inflammation, stress oxydant… les animaux des deux sexes développaient de nombreux troubles métaboliques, mais des différences apparaissaient selon les sexes. En particulier :

  • Les mâles présentaient une insulino-résistance plus importante que les femelles ;
  • L’expression de nombreux gènes impliqués dans la détection du glucose sanguin et la synthèse d’insuline au niveau pancréatique (Glut2, Gck, Khk, Ins2) était réduite chez les mâles mais augmentée chez les femelles ;
  • Une expression plus importante de gènes impliqués dans la réponse anti-inflammatoire (IL-10) et anti-oxydante (Nrf2) était observée chez les femelles, qui pourrait refléter la réponse du système immunitaire pour contrebalancer les effets inflammatoires et oxydants induits par le régime. En parallèle, des gènes liés à l’apoptose (ex. Bax and Casp3) étaient davantage exprimés chez les femelles.

Les chercheurs interprètent ces résultats comme une meilleure réponse compensatoire / adaptative au stress induit par le régime HFHF chez les femelles, possiblement portée par les œstrogènes, et permettant de préserver en partie le fonctionnement des cellules β-pancréatiques. Le sexe devrait ainsi être considéré comme une variable clé dans les recherches sur les troubles métaboliques.

 

Source : Sosa-Larios T, Morales-Miranda A, Rodríguez-González G, et al. The consumption of a diet high in fat and fructose induces sex-specific alterations in the expression of key genes related to insulin synthesis, inflammation and apoptosis in the pancreatic β-cells of rodentsBritish Journal of Nutrition. Published online 2026:1-36. doi:10.1017/S0007114526106904.