Les travaux d’une équipe américaine chez la souris viennent conforter l’existence d’un axe intestin-muscle squelettique impliquant le microbiote intestinal. Certains métabolites produits par celui-ci pourraient préserver la structure et la fonction musculaire en cas d’immobilisation.
Le microbiote intestinal produit des métabolites capables de limiter la fonte musculaire et de préserver la fonction musculaire en cas d’immobilisation : telles sont les conclusions d’une étude menée chez la souris par des chercheurs américains. Au cours des dix dernières années, plusieurs études avaient déjà mis en évidence l’implication du microbiote intestinal dans le fonctionnement musculaire. Dans cette nouvelle série de travaux, les chercheurs ont transféré le microbiote de souris sédentaires ou entraînées à l’exercice physique à des souris femelles dont l’une des pattes arrière étaient immobilisée pour provoquer une fonte musculaire. Résultat ? La fonte musculaire au niveau de certains muscles (muscle soléaire essentiellement) était significativement moindre chez les souris recevant le microbiote de souris entraînées.
À la recherche des métabolites microbiens véhiculant l’effet bénéfique de l’exercice sur le muscle
Les chercheurs ont identifié deux métabolites microbiens (acide pipécolique et succinate) plus abondants dans le cæcum, le sang et les muscles des souris ayant reçu le microbiote de souris entraînées. Ils ont alors testé les effets protecteurs potentiels de ces métabolites en les administrant directement par voie orale aux souris immobilisées. Leur administration conjointe a permis de limiter la fonte musculaire1 et de préserver la fonction musculaire (force et résistance à la fatigue).
Enfin, les chercheurs ont exploré les mécanismes à l’origine de cet effet en s’appuyant sur des analyses protéomiques et métabolomiques des tissus musculaires : elles suggèrent une activation de la production d’ATP sous l’effet des deux métabolites, qui soutiendrait le fonctionnement des ribosomes responsables de la synthèse protéique musculaire. Ce mécanisme reste toutefois hypothétique à ce stade et méritera confirmation. Bien que la transposabilité à l’Humain ne soit pas assurée, les chercheurs entrevoient en perspective de ces travaux la possibilité de reproduire certains effets bénéfiques de l’activité physique (par exemple chez des populations ne pouvant pas pratiquer : alitement, mobilité réduite…) en exploitant les métabolites clés d’un microbiote « entraîné ».
Source : Burke BI, Valentino TR, Ismaeel A, El-Amouri SS, Goh J, Scott LN, Walton BJ, Joshi JK, Wood CR, Burrows-Franco A, May JB, Johnson LA, Flythe MD, Wen Y, McCarthy JJ. Exercise-associated microbial metabolites prevent skeletal muscle atrophy in adult female mice. Nat Commun. 2026 Jul 10. doi: 10.1038/s41467-026-74852-w.
1 La taille des fibres était préservée, mais pas la masse musculaire totale dans le muscle soléaire