Un consensus d’experts européen publié en juillet 2026 propose un cadre à la fois complet, flexible et pragmatique pour guider l’accompagnement nutritionnel et psychologique des patients atteints d’obésité recevant un traitement à base d’incrétines.
Après les avis de l’OMS et des sociétés savantes américaines en 2025 (voir notre précédent article sur le sujet), c’est au tour de l’Association européenne pour l’étude de l’obésité (EASO), de la Fédération européenne des associations de diététiciens (EFAD) et de la Coalition européenne des personnes vivant avec l’obésité (ECPO) de publier leurs propositions conjointes pour l’accompagnement nutritionnel, fonctionnel et psychologique des patients souffrant d’obésité et recevant un traitement à base d’incrétines (agonistes des récepteurs GLP-1 et GLP-1/GIP). Reconnaissant les nombreuses zones d’ombre encore présentes, les auteurs prennent soin de préciser les données publiées sur lesquelles ils s’appuient, et à défaut, les extrapolations issues d’autres champs d’expertise qui ont pu être réalisées.
Des réponses personnalisées aux besoins de chaque patient
Le document de consensus ainsi produit est caractérisé par un grand pragmatisme, avec de nombreux outils proposés à même de répondre aux besoins des professionnels accompagnant les patients. Principes alimentaires fondamentaux à communiquer aux patients, démarche structurée et méthodique pour prendre en charge les effets indésirables gastro-intestinaux – et apprendre aux patients à les gérer eux-mêmes –, repérage des situations nutritionnelles à risque (malnutrition, sarcopénie…) et des signes cliniques évocateurs d’un trouble, préconisations réalistes et adaptées d’activité physique… sont autant de sujets traités. Sans oublier la proposition d’un cadre pour évaluer les risques psychologiques associés au traitement (ex. perte de repères/d’identité…) selon le profil clinique des patients (ex. préexistence de troubles du comportement alimentaire, addictions…) et leur capacité à s’engager dans le traitement (ex : compréhension du traitement, attentes réalistes…).
Enfin, plutôt qu’une application systématique des différentes recommandations proposées, les auteurs défendent une approche flexible, individualisée et proportionnée, guidée par les besoins des patients. Si, pour la plupart d’entre eux, un suivi de routine peut se révéler suffisant, des signes d’alerte (perte de poids trop rapide, vulnérabilité psychosociale, apports énergétiques insuffisants, troubles gastro-intestinaux persistants…) doivent orienter les autres vers une prise en charge plus spécialisée.
Source : Dobbie LJ, Tolvanen L, Alves D et al. Nutritional, functional, and psychological considerations for incretin-based therapies in adults-an EASO, EFAD, and ECPO Consensus Statement. Lancet Diabetes Endocrinol. 2026 Jul 8:S2213-8587(26)00122-1. doi: 10.1016/S2213-8587(26)00122-1.