Menu Fermer

Brève – Pour une politique nutritionnelle ambitieuse : l’exemple chilien

D’après une vaste étude nationale suivant l’évolution de l’IMC des enfants chiliens, la loi de 2016 ayant rendu obligatoire les logos d’avertissement nutritionnel sur l’emballage des produits trop riches en énergie, sucres ou graisses saturées pourrait porter ses fruits.

Une politique nutritionnelle ambitieuse combinant logo nutritionnel obligatoire et restrictions publicitaires pour les produits trop riches en sucres, graisses saturées ou énergie pourrait s’avérer efficace pour endiguer la progression de l’obésité infantile : c’est en substance ce que suggère la vaste étude publiée dans The Lancet présentant les résultats obtenus au Chili suite au déploiement de la loi sur l’étiquetage et la publicité alimentaires dans le pays. Depuis juin 2016, les produits dépassant des seuils critiques de sucres, graisses saturées, sodium ou de densité énergétique trop élevée :

  1. se voient dans l’obligation d’afficher autant de warning nutritionnels1 que de nutriments excédant les seuils ;
  2. sont soumis à des interdictions de ventes dans les écoles ;
  3. font l’objet de restrictions du marketing ciblant vers les enfants. De précédentes études avaient déjà documenté les effets de ces mesures sur l’amélioration nutritionnelle conjointe des achats et de l’offre.

Un moindre risque de surpoids et d’obésité infantile

Dans cette nouvelle publication, les chercheurs sont allés plus loin en analysant les données anthropométriques mesurées de plus de 300 000 enfants chiliens âgés de 4 à 6 ans, recensées dans des bases de données nationales. Ils ont comparé l’évolution des prévalences du surpoids et de l’obésité2 entre des générations d’enfants exposés à la loi au cours de cette tranche d’âge (entrés en maternelle en 2014-2015, exposés pendant 6 ou 18 mois) et des générations d’enfants non exposés (entrés en maternelle en 2012-2013). Le risque de surpoids/obésité s’est révélé plus faible chez les enfants exposés à la loi par rapport aux générations non exposées, et ceci d’autant plus que l’exposition était longue : ainsi, chez les enfants exposés pendant 18 mois (génération 2015), le risque de surpoids/obésité était réduit de 2,4 % chez les garçons et de 2,8 % chez les filles par rapport aux enfants non exposés. Les chercheurs n’ont pas identifié d’autres mesures/lois nationales entrées en vigueur depuis 2016 susceptibles d’expliquer autrement ces résultats. Si ces données restent observationnelles, elles viennent étayer l’évolution favorable d’un marqueur de santé de premier plan (surpoids/obésité infantile) plausiblement attribuable aux politiques publiques du pays en matière d’étiquetage nutritionnel obligatoire et d’amélioration de l’environnement alimentaire.

Source : Paraje G, Valdés N, Macaya AV, Corvalán C, Popkin B. The impact of Chile’s multipronged food labelling and advertising law on early childhood excess weight: a cohort difference-in-differences study. Lancet. 2026 Jun 27;407(10548):2630-2640. doi: 10.1016/S0140-6736(26)00651-3.

1 octogone noir avec la mention « teneur élevée en XX »

2 approche dite des doubles différences