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Brève – Pourquoi consomme-t-on moins de calories avec un régime moins transformé ? De nouvelles hypothèses à l’étude

Une réanalyse des données d’un essai d’intervention qui avait comparé des régimes riches en aliments ultra-transformés à des régimes peu transformés fait naître de nouvelles hypothèses pour expliquer les différences d’apports énergétiques entre ces régimes.

Un essai randomisé contrôlé mené chez 20 adultes américains avait montré qu’un régime ad libitum composé d’aliments peu transformés pendant deux semaines conduisait à un apport énergétique plus bas (d’environ 500 kcal/j) par rapport à un régime composé d’aliments ultra-transformés. À travers une réanalyse des données obtenues dans cet essai, des chercheurs formulent et testent deux hypothèses susceptibles d’expliquer cet écart.

  1. Première hypothèse : les apports énergétiques en cas de régime peu transformé pourraient être réduits du fait d’une modification du ratio glucides/lipides1 (c’est-à-dire moins proche de 50/50) dans les repas composés par les sujets. Des travaux récents ont en effet suggéré que les aliments à la fois riches en glucides et en lipides pourraient suractiver le circuit de la récompense dans le cerveau humain (voir notre précédente brève sur le sujet), ce qui pourrait stimuler la prise alimentaire et favoriser la consommation d’énergie. Les données montrent ici qu’un ratio glucides/lipides proche de 1 dans les repas est associé à un apport énergétique plus important, et que ce ratio diffère selon le régime auquel les sujets sont exposés : les repas composés par les sujets exposés aux aliments ultra-transformés présentent un ratio glucides/lipides plus proche de 1 que les repas composés à partir d’aliments peu transformés.

 

  1. Deuxième piste : un compromis entre consommation d’énergie et consommation de micronutriments pourrait être opéré par les sujets du groupe exposé au régime peu transformé, les amenant in fine à des apports énergétiques plus bas. Ces sujets consommaient en effet des quantités plus élevées d’aliments de faible densité énergétique (< 1 kcal/g, correspondant essentiellement à des fruits et légumes), alors même que des aliments de haute densité énergétique étaient tout aussi disponibles. Ces derniers contenaient toutefois peu de micronutriments. Interprétation des chercheurs : pour atteindre des apports adéquats en micronutriments, il était nécessaire de consommer des composantes à faible densité énergétique, créant une « tension » entre deux objectifs nutritionnels à atteindre (énergie et micronutriments).

Ces hypothèses, esquissées ici à partir d’une analyse a posteriori des données d’un essai mené à d’autres fins, mériteront d’être testées dans des études spécifiquement dédiées.

Source : Brunstrom JM, Schatzker M, Rogers PJ, Courville AB, Hall KD, Flynn AN. Consuming an unprocessed diet reduces energy intake: a post-hoc analysis of an randomized controlled trial reveals a role for human “nutritional intelligence”. Am J Clin Nutr. 2025 Dec 29:101183. doi: 10.1016/j.ajcnut.2025.101183.

1 Energie provenant des glucides par rapport à l’énergie provenant des lipides