Des besoins élevés pour elles et l’enfant qu’elles portent mais des réserves souvent insuffisantes : les femmes enceintes sont particulièrement exposées au risque de carence en fer. Or, celle-ci impacte la santé de l’enfant, comme vient de le montrer une étude qui a exploré les conséquences d’une déficience maternelle en fer (sans anémie) en début de grossesse sur le statut en fer du nourrisson à la naissance et le développement neuropsychomoteur à l’âge de 2 ans (échelles de Bayley BSID-III et Child Behavior Checklist).
Les 189 participantes de cette étude irlandaise étaient majoritairement caucasiennes (96,8 %), très instruites (78,8 % diplômées universitaires) et toutes primipares. À 15 semaines de gestation, 3,2 % avaient une ferritine <15 μg/L (seuil de la déficience défini par l’OMS) et 18,5 % avaient une ferritine <30 μg/L (seuil de recommandation d’une supplémentation en fer chez les femmes à risque selon les recommandations britanniques). A 20 semaines, ces pourcentages avaient plus que doublé (8,5 % et 42,3 %).
Quid des nouveau-nés ? La déficience en fer maternelle au début de la grossesse était associée à un faible statut en fer à la naissance : lorsque les mères présentaient une déficience en fer (seuil de ferritine maternelle <30 μg/L) à 15 semaines, les concentrations en ferritine du cordon étaient inférieures à 42,3 μg/L chez les enfants nés, versus ceux nés de mères ayant un statut en fer suffisant. Mais surtout, cette déficience en fer rimait avec des résultats défavorables sur le développement cognitif de l’enfant à 2 ans : les enfants nés de mères avec une ferritine <30 μg/L à 15 et 20 semaines affichaient des scores inférieurs aux tests de langage et de motricité.
Ces résultats soulignent l’importance du fer dans le développement cérébral précoce, mais aussi la nécessité d’envisager un dépistage spécifique du statut en fer des femmes enceintes, et pas seulement de l’anémie, dès le début de la grossesse afin de protéger leurs enfants après la naissance.
Source : McCarthy EK, Schneck D, Basu S, Xenopoulos-Oddsson A, McCarthy FP, Murray DM, Georgieff MK, Kiely ME. Impact of Maternal Iron Deficiency in Early Pregnancy on Neonatal Iron Status and Neurodevelopment at Two Years of Age: a Prospective, Maternal-Infant Cohort Study. J Nutr. 2025 Nov 12:S0022-3166(25)00706-0. doi: 10.1016/j.tjnut.2025.11.009.
Illustration issue de la publication ((licence creative commons)) :

Scores cognitifs (A), de langage (B), moteurs (C) et cognitifs + langage (D) à l’âge de 2 ans selon la présence ou non d’une déficience maternelle en fer (seuil de déficience retenu : < 30 μg/L à 15 semaines de gestation ; n = 189).
Abréviations : BSID, Échelles de développement du nourrisson et du jeune enfant de Bayley ; ID, déficience en fer ; IQR, intervalle interquartile.