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Intérêt d’une complémentation en vitamines et minéraux en prévention primaire des maladies cardiovasculaires et cancers : revue actualisée de l’United States Preventive Services Task Force

Cette revue systématique de la littérature scientifique souligne de nouveau le manque de preuves des bénéfices escomptés des compléments de vitamines et minéraux pour prévenir maladies cardiovasculaires et cancers chez des adultes en bonne santé.

 

Les compléments alimentaires sont des sources concentrées de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique et destinés à compléter un régime alimentaire normal. D’après l’étude NHANES III, près de la moitié de la population américaine utiliserait des compléments alimentaires. Les compléments multi-vitaminiques sont les plus consommés.

L’United States Preventive Services Task Force (USPSTF) est un groupe d’experts indépendants qui établit des recommandations de santé publique pour la population américaine. La présente revue est une mise à jour des recommandations relatives à l’utilisation de compléments multi-vitaminiques, publiées par l’USPSTF en 2003. Le but de l’étude était d’évaluer les preuves de bénéfices éventuels ou d’effets indésirables d’une complémentation en vitamines et minéraux dans la prévention des maladies cardiovasculaires (MCV) et des cancers.

Les auteurs ont recherché les articles publiés entre janvier 2005 et janvier 2013. La consommation de compléments alimentaires devait également être inférieure aux limites maximales tolérables définies par l’U.S. Food and Nutrition Board.  La recherche d’articles portait spécifiquement sur les vitamines, pro-vitamines et minéraux suivants : vitamines A, B1, B2, B6, B12, C, D, et E, calcium, fer, zinc, magnésium, niacine, acide folique, béta-carotène et sélénium. Les études évaluaient les compléments seuls, en duo ou la combinaison de 3 vitamines/pro-vitamines et minéraux ou plus (= compléments multi-vitaminiques). 26 essais cliniques ont ainsi été sélectionnés, dont 24 essais randomisés contrôlés et deux études de cohorte (études épidémiologiques d’observation). Les études incluaient 128 à 72 337 personnes, âgées de 22 à 77 ans et il s’agissait principalement de personnes de plus de 50 ans.

La plupart des études portant sur les compléments multi-vitaminiques (4 études cliniques et 1 étude de cohorte) ne montraient aucun effet sur les maladies cardiovasculaires ou le risque de cancer. Dans l’éventualité d’un effet réel, il s’avère insuffisant pour mettre en évidence des différences significatives. Au delà des bénéfices, il n’y avait pas non plus de démonstration évidente d’éventuels risques pour la santé. Concernant les compléments individuels, il n’y avait aucune preuve de bénéfices ou de risques liés à la complémentation en vitamines A, C, ou D, en acide folique, en calcium (avec ou sans vitamine D), ou en sélénium. Pour l’ensemble des compléments alimentaires, peu d’études de bonne qualité étaient disponibles à l’exception de la vitamine E et du béta-carotène. Ni la vitamine E, ni le béta-carotène n’ont révélé d’effets préventifs et une augmentation du risque de cancer associé à la complémentation en béta-carotène a été montrée chez certains sujets à risque.

Selon les auteurs, les protocoles d’essais cliniques ne seraient pas adaptés à l’évaluation des effets de la complémentation vitaminique. En effet, un véritable placebo est notamment difficile à envisager dans le cadre de telles études du fait de la complexité des régimes individuels et de l’essentialité des micronutriments. Il semble par conséquent plus réaliste d’envisager d’obtenir des bénéfices significatifs en prévention primaire en utilisant des formulations multi-vitaminiques à des doses modérées. Cependant, les seuls résultats qui indiquaient une plus faible incidence du cancer chez l’homme liée à la consommation de compléments multi-vitaminiques, étaient à la limite de la significativité et uniquement observés chez l’homme.

Source : Vitamin and Mineral Supplements in the Primary Prevention of Cardiovascular Disease and Cancer: An Updated Systematic Evidence Review for the U.S. Preventive Services Task Force. Fortmann. S.P. et al. Ann Intern Med. 2013;159:824-834.

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