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Brève – En route vers l’âge adulte : objectiver les liens entre sédentarité, activité physique et prise de poids

Une étude britannique ayant suivi plus de 6 000 sujets entre la fin de l’enfance et l’âge adulte a étudié l’évolution de la masse grasse en fonction de la pratique d’activité physique. Elle apporte de précieux éléments pour étayer et affiner les recommandations d’activité physique au cours de cette période charnière pour la prévention du surpoids et de l’obésité.

Au moins 60 minutes d’activité modérée à intense par jour : telle est la recommandation actuelle en matière d’activité physique pour les enfants. Pour autant, les études à l’appui – transversales ou à court terme, avec des méthodes de mesures variables plus ou moins objectives – sont limitées. Les résultats d’une étude britannique d’ampleur viennent apporter de nouveaux éléments d’éclairage probants. Les chercheurs ont mesuré par accéléromètre le temps de sédentarité (ST), et les niveaux d’activité physique légère (LPA) et modérée et intense (MVPA) de 6 059 sujets de la cohorte ALSPAC suivis pendant 13 ans entre la fin de l’enfance (11 ans) et l’âge adulte (24 ans). En parallèle, les données anthropométriques (masse grasse, maigre…) étaient mesurées par scan DEXA1 de la composition corporelle.

Différentes facettes de l’activité physique

Le temps de sédentarité augmentait de 3 h entre 11 et 24 ans tandis que le temps engagé dans des activités de faible intensité se réduisait d’autant. Or, le temps de sédentarité se révélait associé à l’augmentation de la masse grasse, et ce indépendamment du niveau de pratique d’activité physique : chaque minute quotidienne supplémentaire passée assis était associée à une augmentation de 1,3 g de masse grasse. Les chercheurs calculent que ce comportement sédentaire pourrait être responsable de 7 à 10 % de l’augmentation de masse grasse observée entre l’enfance et l’âge adulte (+ 10 kg).

À l’inverse, chaque minute quotidienne supplémentaire passée dans les activités physiques légères était associée à une réduction de la masse grasse de 3,6 g et dans des activités MVPA à une réduction de masse grasse de 2,8 g. Des analyses temporelles permettaient également de révéler qu’une plus forte masse grasse à 11 ans étaient associée à une moindre pratique de MVPA à 15 ans.

Pour les chercheurs, ces résultats devraient permettre d’affiner les futures recommandations en matière d’activité physique en mettant l’accent sur deux leviers peu investis dans les recommandations actuelles : la réduction du temps de sédentarité au profit d’activités de faible intensité2. Des fenêtres d’opportunités pourraient également être identifiées pour recommander plus fortement certains types d’activité en fonction des âges.

 

Source : Agbaje AO, Perng W, Tuomainen TP. Effects of accelerometer-based sedentary time and physical activity on DEXA-measured fat mass in 6059 children. Nat Commun. 2023 Dec 12;14(1):8232. doi: 10.1038/s41467-023-43316-w.

1 dual-energy Xray absorptiometry

2 ex : participation aux activités domestiques, courses, trajets quotidiens actifs…